Un ingénieur sabote les serveurs de son entreprise en cas de licenciement

Un développeur texan a orchestré un véritable plan de sabotage informatique, paralysant son ancienne entreprise après son renvoi. Entre vengeance personnelle et rébellion contre la technologie, cette histoire ressemble à un véritable thriller cybernétique.

Un ingénieur sabote les serveurs de son entreprise en cas de licenciement

Un plan de vengeance bien ficelé

Qui n'a jamais rêvé de se venger d'un ancien employeur ? Davis Lu, un ingénieur en informatique, est passé à l'acte. Ancien employé de Eaton Corp, une société spécialisée dans la gestion de l'énergie, il a été reconnu coupable le 7 mars par un jury fédéral d'avoir saboté les serveurs de l'entreprise après son licenciement en 2019. Il y travaillait depuis 2007 et voyait d'un mauvais œil les restructurations qui annonçaient des vagues de licenciements.
Pour se préparer à cette éventualité, il a mis au point un script destructeur, capable de supprimer des fichiers internes tout en restant indétectable.

Un piège informatique redoutable

Davis Lu a développé en secret plusieurs scripts malveillants. L'un d'eux, appelé Hakai (signifiant « destruction » en japonais), était conçu pour intercepter les connexions et effacer des dossiers en cas de licenciement. Un autre, HunShui, faisait référence à une expression chinoise décrivant les employés qui profitent de l'absence de leurs supérieurs pour ne rien faire.

Mais son coup de maître reste un bout de code nommé "IsDLEnabledinAD" (abréviation de "Davis Lu est-il activé dans Active Directory?"). Tant que son compte restait actif dans le système, le script ne faisait rien. Mais dès qu'il a été licencié, le 9 septembre 2019, son absence a déclenché la "bombe" informatique, bloquant les accès et paralysant l'entreprise entière.

Entre vengeance et idéologie

Davis Lu risque jusqu'à 10 ans de prison fédérale. Eaton Corp estime les pertes à plusieurs centaines de milliers de dollars, tandis que ses avocats minimisent les dégâts à environ 5 000 dollars.

Son acte rappelle une tendance plus large d'opposition à la technologie, notamment en France dans les années 1980 avec le collectif Clodo (Comité liquidant ou détournant les ordinateurs). Ce groupe anarchiste dénonçait l'informatisation croissante du travail comme un outil de surveillance et d'exploitation.

Si Davis Lu a agi avant tout pour lui-même, son geste aurait sans doute fait sourire ces cyber-rebelles d'un autre temps.